Maxime Le Moing | Textes | Enregistrements | Films | Concert | Agenda | English version
Un jacaranda
en fleur,
c'est l'hôtel
de butinements
emmêlés.

S'asseoir
en dessous
est un délice
glissando de tous
les battements de zèle.
Des soubassements
pleins le tympan.

Quand l'oreille
se colle aux poteaux
de stop, lampadaires,
tiges en métal,
elle jouit

d'une violence assourdissante
des poings qui s'y cognent.
La peau de la feuille
est un matelas blanc
où couche la mine et le trait.

Dessiner un modèle vivant,
c'est mettre à nu
les à-coups du carbone.

Ambiance brouillée,
dans la supérette
ça capte mal la radio


L'estomac vide tends son antenne.

Il mixe les musiques,
change d'onde en passant du rayon frais au rayon biscuit.
(les transitions crachent)

Et les oreilles positionnent
le choix du repas.
Le ciel entre
dans le pré d’été,
défile une autoroute
d’insectes volatiles.

Il s’y allonge.


Jamais

l’effet Doppler
n'a redoré autant
leurs bourdons.
L’aluminium est un nuage
de pluie froissé qui se loge dans
les plis des paquets de chips.

Il est un excellent
indicateur météo
un puissant tour de magie
comme un orage qui
se brise en bouche.
Manger
des céréales
rend sourd
le silence est
un coupe-faim.
Conversation amoureuse

Assise sur sa valise
à roulette rouge
ses pieds frappent
la coque en faisant

bou-boum bou-boum
bou-boum bou-boum bou-boum
bou-boum
Sous ce pont
coulent les manifestants mais
leur chant n'avance plus.

Il est à l'abri
gronde dans l'enclos. Son sort:
un relai de bouche à bouche
fuyant vers le dehors.

C’est un flux friable
une force qui lutte pour résonner
dans une brèche.
Manger
en écoutant la cascade
écrase l'écume jaillir.
Les mots contenus
dans l’une des voûtes du barrage
font une partie de ping-pong.

Ils rebondissent
très vite treize fois
jusqu’à perdre le point.

Parfois l’un dépasse
le délai de son trépas, glisse
dans l’aller-retour de l’autre.

L’écoute se densifie,
on y croise une chute d’eau.
Les tunnels
des voies ferrées possèdent
une collection de klaxons.

Ces coups de syncope
font étinceler
l’acoustique du trou.

L'obscurité reviendra
en étouffe-reverbère.

Aux premières notes de trompette
l’oreille déroule
une juvénile oasis.

On suit l’instrument
en redoutant
le silence d’un mirage.

C’est le pas suivi d’un autre
qui guide la soif.
Quand la fête finit,
l’acid house absorbant
ses propres organes,
une marche matinale en plein champs
nous rappelle cette musique.

Pas besoin de forêt
pour entendre les oiseaux.

Ils se branchent
sur les fils électriques
des rares arbres en métal,

prolongent le ciel vide de pépiements fluo.
On vivra de nuit
il fera trop chaud
pour le jour
la lune et les étoiles
seront nos lumières
il y aura plus à écouter
qu'à voir.
La communication
à distance se fera rare
on économisera
les émissions sonores
non controlés
le train entrant dans la ville
klaxonnera pour annoncer
la météo de demain
les portiques sonneront la veille
du changement d'heure
on tronconera un arbre
pour dire bonsoir.
On ne votera
plus à gauche ni à droite
il y aura un système
en trois dimensions
la ligne politique
sera un cube
où le jet déterminera
l'axe de perception du dé.